Oh ! le vilain Sarko!

NOUVELOBS

"Il n'y a pas d'ambigüité sur le sens de cette phrase: c'était de l'ironie visant les socialistes français", explique François de Rugy à nouvelobs.com. Le député était présent lorsque Nicolas Sarkozy aurait dit de Jose Luis Zapatero : "Il n'est peut-être pas très intelligent."

Nicolas Sarkozy et José Luis Rodriguez Zapatero en 2008 (Sipa)

Nicolas Sarkozy et José Luis Rodriguez Zapatero en 2008 (Sipa)

Le député Vert François de Rugy confirme les propos prêtés par Libération à Nicolas Sarkozy, et qui mettraient en cause l'intelligence de Jose Luis Zapatero. Interrogé vendredi 17 avril par nouvelobs.com, le député explique cependant qu'il s'agit "d'ironie" et que la phrase a été "mal interprétée".
Le président français aurait dit du Premier ministre espagnol: "Il n'est peut-être pas très intelligent". Ces propos -démentis par l'Elysée- ont provoqué
des commentaires mitigés de la presse espagnole. La phrase aurait été prononcée mercredi, lors d'un déjeuner avec des députés et des sénateurs consacré au G20, auquel participait François de Rugy.
Nicolas Sarkozy aurait dit au sujet de Jose Luis Zapatero : "Il n'est peut-être pas très intelligent. Moi, j'en connais qui étaient très intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle".

"Logorrhée sarkozyenne"


François de Rugy délivre des éléments de contexte pour comprendre cette phrase. "C'est arrivé dans la logorrhée sarkozyenne", explique à nouvelobs.com le député Vert. "Nicolas Sarkozy n'a pas mentionné Zapatero lorsqu'il parlait du G20. C'est sur la fin du déjeuner que le président a lancé, en se marrant bien fort : 'Je ne voudrais pas vous quitter sans parler de Zapatero', qui veut réduire la place de la publicité sur la télévision publique espagnole. A ce moment, Henri Emmanuelli a grommelé quelque chose comme: 'Zapatero, il y aurait beaucoup à dire sur lui'. Nicolas Sarkozy a embrayé en disant: 'moi, dans ma carrière, j'ai battu des gens plus intelligents'.

"Je suis étonné que cela étonne"


Comment comprendre l'intervention du président ? "Pour moi, il n'y a pas d'ambigüité sur le sens de cette phrase: c'était de l'ironie visant les socialistes français", déclare François de Rugy, précisant ainsi les explications apportées sur son blog.
Et d'ajouter: "A la limite, je suis étonné que cela étonne, car c'est dans la continuité de la capacité de Nicolas Sarkozy à tout ramener à lui."
François de Rugy affirme également que Nicolas Sarkozy n'a pas demandé la confidentialité aux parlementaires. "Il n'y a eu aucune précaution de ce type. Un journaliste espagnol me demandait si cela ne pose pas le problème de la parole présidentielle. C'est à lui qu'il faudrait peser la question. Dans les relations diplomatiques, ce genre de comportement ne doit pas être très adapté."

Mais qu'a dit Nicolas Sarkozy ?


Selon Libération, le président français aurait eu la critique facile contre plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement:
- Jose Luis Zapatero : "Il n'est peut-être pas très intelligent. Moi, j'en connais qui étaient très intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle." (allusion à Lionel Jospin)
- Jose Manuel Barroso : Il a été "totalement absent du G20"
- Barack Obama : "Il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position".
- Angela Merkel: "Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position".

Des participants démentent


Ironie ou pas, d'autres parlementaires qui étaient présents au déjeuner sont moins catégoriques, ou même démentent que le président ait tenu ces propos.
"Nicolas Sarkozy n'a pas dit cela, ce n'est pas exact", assure le député PS Didier Migaud, joint samedi par nouvelobs.com, "François de Rugy aura mal entendu. Toute cette polémique est incompréhensible."
C'est également ce qu'explique Philippe Vigier (Nouveau centre): "Je ne me souviens pas que Nicolas Sarkozy se soit moqué de ses homologues", a-t-il déclaré vendredi à nouvelobs.com. "Au contraire, il a parlé très positivement du couple franco-allemand. Quant à Obama, je crois que le président a seulement expliqué qu'il y avait un 'calage' à faire avec la nouvelle administration, et c'est bien normal puisqu'elle n'est en place que depuis quelques mois. L'ambiance était très bon enfant. Le président a fait un peu d'humour, heureusement qu'on peut rigoler de temps en temps!"

"Surinterprétation"


Le député UMP Hervé Mariton, se montre moins catégorique, mais dément toute intention "malicieuse". Souvent critique envers le chef de l'Etat, Hervé Mariton assure à nouvelobs.com que "rien ne l'a choqué" lors du déjeuner.
"Je n'ai pas le verbatim de ce qui a été dit au déjeuner… Je ne peux donc pas dire avec certitude si tel ou tel mot a été prononcé", nous déclare-t-il. "Est-ce que le président a lancé des piques envers les uns et les autres? C'est assez son esprit. L'ambiance était détendue et studieuse, mais il n'y avait là rien de malicieux. Si les propos rapportés sont vrais, ils sont sortis de leur contexte et, quoi qu'il en soit, la polémique est de l'ordre de la surinterprétation."

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