HALTE au Sexting

Le sexting, c’est (nor)mal

Il fut un temps où les jeunes filles n’avaient pas le droit de flirter ni de faire l’amour avant le mariage (après, c’était une autre histoire, où elles n’avaient pas forcément non plus leur mot à dire). Celles qui, malgré tout, le faisaient, risquaient d’être qualifiées de putains, catins, prostituées, filles de joie, salopes et j’en passe, et d’être exclues de leur communauté.

Aujourd’hui, il est admis que les premiers rapports sexuels ont lieu à l’adolescence (17,2 ans pour les garçons, 17,6 ans pour les filles, en moyenne). La génération Y, du nom donné à ceux qui sont nés dans les années 80-90, étant par ailleurs qualifiée de “digital natives“, il n’est pas étonnant de les voir utiliser leurs téléphones portables dans leurs jeux amoureux, et érotiques.

C’est ce qu’on appelle le “sexting“. Comme toute nouvelle pratique sexuelle, elle fait bien évidemment d’abord et avant tout peur, surtout qu’il s’agit souvent là de mineurs. On aurait pourtant grand tort à la diaboliser.

Le Monde constatait récemment que les adolescents sont de plus en plus victimes des dérives du “sexting”.

S’ensuivait la sinistre histoire de Jessica Logan, “jolie blonde de 18 ans” qui s’est pendue après que son ex-petit ami ait diffusé dans sa classe des images d’elle dénudée.

S’ensuivait également la mention d’une étude, menée au Royaume-Uni et publiée début août, révélant que 38 % des jeunes Anglais de moins de 18 ans auraient déjà reçu une image sexuelle.

Il eut également été de bon ton de préciser que “si on a coutume de dire qu’un mineur sur cinq fait l’objet d’avance sexuelles via l’internet, 90 % de ces “avances” sont le fait de personnes du même âge (et que), entre 2000 et 2006, le pourcentage de jeunes qui disent avoir fait l’objet d’avances sexuelles sur internet aurait même diminué (passant de 19 à 13 %)“.

Inaugurée l’an passé par le ministère de l’intérieur, la ligne téléphonique - “net-enfance-famille” - a été spécialement conçue pour “répondre aux questions que peuvent se poser enfants ou parents sur Internet, le téléphone mobile et les jeux vidéo“.

Environ 6 % des appels concerneraient les dérives du sexting, mais… “souvent, ce sont des parents inquiets qui appellent parce qu’ils tombent de l’armoire en découvrant le contenu du portable de leurs fils ou de leurs filles.”

Je ne sais quelle est la proportion d’adolescents téléphonant pour se plaindre de harcèlement ou de “dérives“. Ce que je sais, par contre, c’est qu’on aurait tort de diaboliser le phénomène.

Trois ados accusées de pédophilie pour avoir cherché à séduire leurs… petits amis

Ainsi, aux Etats-Unis, le proviseur adjoint d’un lycée qui, enquêtant sur les allégations de sexting à la demande du proviseur, avait conservé “pour preuve” sur son ordinateur la photo dénudée d’une ado qu’il avait confisqué sur un téléphone portable, a été accusé de possession d’image à caractère pédo-pornographique, et du dépenser 150 000 dollars pour assurer sa défense, et démontrer son innocence.

La paranoïa touche aussi les ados eux-mêmes : trois adolescentes de 14 à 17 ans ont ainsi été accusées cette année de pédophilie pour avoir envoyé des photos d’elles dénudées à leurs petits amis…

Or, aux Etats-Unis, comme dans de nombreux autres pays, la “déviance” sexuelle, à commencer par la pédophilie et la pédo-pornographie, vaut à ceux qui en sont accusés d’être fichés comme délinquants sexuels. Ce qui, d’un point de vue social tant que professionnel, peut avoir des conséquences catastrophiques (voir Fichée à vie à cause d’une fellation librement consentie).

Les ratés du fichier britannique censé protéger les enfants

En Grande-Bretagne, et suite au meurtre de deux écolières par un gardien d’école déjà impliqué dans plusieurs agression sexuelles, toute personne désireuse de travailler avec des enfants ou des personnes vulnérables doit ainsi désormais être agréée par les autorités, qui vont pour cela piocher dans les fichiers pour voir leurs antécédents.

1570 personnes ont ainsi été interdits de travailler avec des enfants, ou de venir faire une conférence ou un atelier dans une école, parce qu’ils apparaissaient, à tort, dans un fichier policier.

Il se trouve même un enseignant black-listé par les autorités parce qu’un voisin l’avait vu déambuler nu… chez lui, par la fenêtre.

Il faut bien évidemment tout faire pour lutter contre ceux qui peuvent s’attaquer à nos enfants. Et nul doute que le “sexting” entraînera certaines dérives, et faits divers. Tout comme la libération sexuelle a elle aussi entraîné certains dommages collatéraux. Mais on aurait tort de le diaboliser d’emblée, et de l’assimiler à de la pédopornographie.

Laissons les ados embrasser les nouvelles technos

De tout ce que j’ai lu sur le sexting, cet article de Rowenna Davis, jeune journaliste britannique qui travaille notamment auprès de jeunes en difficulté, est probablement le plus pertinent, et mesuré. A méditer :

Une bonne partie de ceux qui dénoncent le “sexting” s’en servent comme paravent, s’inquiétant surtout de la montée en puissance des nouveaux médias et des réseaux sociaux, ainsi que des nouvelles pratiques sexuelles des ados.

Or, leur sexualité, tout comme le fait qu’ils embrassent les nouvelles technologies, peuvent être de formidables expériences dès lors qu’elles sont pratiquées de manière responsable, et peuvent les aider à en apprendre plus sur eux-mêmes, les êtres humains en général, et comment s’y exprimer.

D’autre part, toute vélléité de censure s’avèrera de toute façon contre-productive. On n’enraiera pas les nouvelles technologies, ni les pratiques sexuelles des ados, au pire, elles flirteront avec l’underground pour éviter d’être réprimées.

Et les adolescents parleront d’autant moins du sexting avec des adultes s’ils savent qu’ils seront jugés, interdits de revoir leur partenaire, ou qu’ils risquent de voir leur téléphone portable confisqué.

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Commentaires (1)

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