Obama achève sa visite en Chine sans parvenir à des accords

Même si les grands dossiers tels le climat, la crise économique, les différends commerciaux, le yuan ou les programmes nucléaires iranien ou nord-coréen étaient au menu de cette visite, il était essentiellement question de renforcer le lien entre Washington et Pékin.

Barack Obama a encouragé Hu Jintao à faciliter une appréciation du yuan lors d'un entretien entre les présidents américain et chinois centré sur les relations commerciales et les changes. (Reuters)

Barack Obama a encouragé Hu Jintao à faciliter une appréciation du yuan lors d'un entretien entre les présidents américain et chinois centré sur les relations commerciales et les changes. (Reuters)

Main tendue de Barack Obama à la nouvelle grande puissance chinoise, engagement de Washington et de Pékin à travailler de plus en plus ensemble, la visite du président américain destinée à être une opération de relations publiques a plutôt tourné à l'avantage de la Chine. Même si les grands dossiers tels le climat, la crise économique, les différends commerciaux, le yuan ou les programmes nucléaires iranien ou nord-coréen étaient au menu de cette première visite qui s'est achevée mercredi, il était essentiellement question de renforcer le lien entre Washington et Pékin. "Pour nous, (cette visite) a totalement atteint les objectifs que nous nous étions fixés", a assuré Jeffrey Bader, conseiller d'Obama pour les Affaires asiatiques. Aucun accord important n'a été annoncé. Et sur la moitié des dossiers évoqués, le communiqué conjoint a montré que les Etats-Unis et la Chine divergeaient toujours, à l'heure même où, selon Barack Obama, "la relation sino-américaine n'a jamais été aussi importante pour l'avenir de la planète".

Aucun geste de la Chine


Le président de la première puissance mondiale a d'emblée flatté la Chine en l'intronisant nouvelle autre superpuissance, et fait un geste sur deux sujets non négociables pour Pékin : Taïwan (reconnaissance de la "politique d'une seule Chine") et Tibet ("partie intégrante du territoire chinois"), pour accommoder ses hôtes.
Mais il n'a obtenu en retour aucun geste de Pékin, en tout cas public.
"Maintenant la Chine est dans une position de force : elle a obtenu des concessions américaines sans bouger d'un iota", estime Jean-Pierre Cabestan, à la Hong Kong Baptist university, "c'est un succès".
Pékin n'a par exemple rien lâché sur le yuan, dont le taux est jugé anormalement bas par les Etats-Unis, et alors même que le patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, à Pékin en même temps que Barack Obama, appelait à une réévaluation du renminbi accusé de favoriser indûment les exportations chinoises.

Promesses sans engagement


Sur le dossier du nucléaire iranien, Hu Jintao a rappelé que la Chine préférait la négociation alors que Obama menaçait Téhéran de "conséquences" en cas de blocage.
"Est-ce qu'en privé il a obtenu l'accord de la Chine (pour un durcissement) sur l'Iran? On l'ignore", dit Jean-Pierre Cabestan, alors que la Russie, également rétive à de nouvelles sanctions, a haussé récemment le ton contre Téhéran et que la Chine risque de se retrouver isolée. Autre dossier sur lequel Obama espérait un engagement de la Chine au moment où il doit annoncer sa décision sur des renforts: l'Afghanistan. Pékin, là encore, n'a officiellement pris aucun engagement. Quant au Tibet, si Barack Obama a osé réclamer la reprise d'un dialogue --jusqu'ici d'ailleurs parfaitement stérile-- entre le dalaï lama et Pékin, Hu n'a pas daigné lui répondre. Sur l'environnement, l'engagement sino-américain pour un "succès à Copenhague" n'a rien coûté à la Chine, premier pollueur au monde, pas plus qu'aux Etats-Unis.

Une visite encadrée


Mais le ton de Barack Obama en Chine a tranché sur celui de ses prédécesseurs à la Maison blanche. "Il a adopté un ton conciliant et respectueux pour parler des sujets de désaccord", explique à l'AFP Liu Qing, de l'Institut des études internationales.
"Nous sommes passés du 'dos à dos' au 'côte à côte'", se félicitait lui aussi mercredi Ma Xialin, chercheur en relations internationales.
"Mais il va y avoir pas mal de divergences entre les deux géants sur le plan idéologique", avertissait-il dans le China Business News.
Si le régime communiste chinois a semblé faire un geste en autorisant, à l'issue de tractations compliquées, Barack Obama à dialoguer avec des étudiants de Shanghai, l'exercice a été très encadré.
Et à la "conférence de presse" des deux dirigeants aucun des 400 journalistes présents n'a été autorisé à poser de question. Très loin des pratiques de la Maison blanche.

(Nouvelobs.com avec AFP

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